29 mai 2008
Les lettres rouges de l'Olympia...
Mon coeur est resté accroché aux cordes de sa guitare... C'était comme si j'avais passé 3 heures durant dans le tambour d'une machine à laver pour finalement en sortir lessivée.
Lynda, elle emmène son public au sommet du rire ou dans les bas-fonds de la tristesse. La limite entre l'empathie et la compassion n'est pas très bien définie dans ses incarnations de l'ordinaire, mais elle va toujours au bout de l'émotion. Brute, l'émotion, car elle chante sans complaisance et sans pudeur. Elle ne cache pas la grivoiserie dans des sous-entendus, ne mâche pas ses mots et fait sauter la carapace plus ou moins épaisse de chacun.
Hilarité générale avec "Ma chouette", "Au nom de toutes les frustrées" et "Les souliers verts". Silence ému sur "La centenaire", "Paul-Emile a des fleurs", "Tu t'appelles Marguerite" et "Une mère". Elle ouvre une parcelle de vie en chaque individu, et ce qu'on n'a pas vécu soi-même, on l'a forcément connu chez les autres. Chacune de ses chansons est un retour à la réalité dans toute sa dureté, sa douceur ou sa légèreté. L'humour est toujours une arme efficace chez ceux qui ont une grandeur d'âme. Elle n'hésite pas à y recourir de manière parfois inattendue en modifiant les paroles de ses chansons, en y ajoutant des références ou en faisant quelques correspondances entre plusieurs de ses chansons. Comme les docteurs avec leurs fameuses balles de golf...
Et il y avait surtout ce qu'on ne trouve pas sur ses albums : les gestes, les sourires, les grimaces, la présence, le charisme.
Lynda, c'est une vraie personnalité, naturelle, spontanée, drôle et terre-à-terre. Ses chansons m'accompagnent depuis longtemps mais ce fut mon premier concert : un électrochoc émotionnel sur fond de 3 guitares pour toute intimité, expérience addictive à renouveler.
Son prochain album sort normalement à l'automne prochain et elle nous a gratifié hier soir d'un petit avant-goût en interprétant quelques chansons inédites. Elle ne s'arrêtait plus. 23h45, métro, bus, lit.
Ce que j'apprécie chez Isabelle Boulay, c'est sa capacité à sublimer l'émotion et à donner un sens aux expériences. Lynda, elle, balance à la figure du public la violence des sentiments et la fragilité de l'instant, sans jamais se départir de ce grain d'humour qui peut transformer un drame existentiel en parodie comique. Et sans ignorer les petites choses de la vie, si attachantes ou si exaspérantes. Mais jamais futiles.
28 mai 2008
Dis-moi, Céline...
J'ai honte. Je suis d'une mauvaise foi épouvantable. Moi qui ai tiré à boulet rouge sur Céline Dion et sa tournée hors de prix, j'ai assisté hier soir à l'un de ses concerts parisiens à Bercy. Par contre, la place m'a été gracieusement offerte, alors on va dire que ça a efface en partie ma faute...
C'était peut-être la chose à faire en mémoire du bon vieux temps. Je ne l'avais jamais vue sur scène à l'époque où elle était accessible, alors je me suis dit qu'après tout, il fallait que je le fasse au moins une fois dans ma vie.
La scène trônait au milieu de la salle, ce qui veut dire que la majeure partie du temps Céline chantait d'un côté qui n'était pas le mien. Evidemment, sur les écrans, on la voyait toujours de face mais ça faisait un peu dvd…
Quelques applaudissements du public lorsque Bernard Laporte, Luc Plamondon, Jean-Luc Lahaie et R'né se sont installés dans le carré VIP puis le noir total.
Elle a commencé avec une robe et des chaussures de péripatéticienne. Rien de surprenant car ça fait un moment déjà qu'elle nous a habitué à ses goûts vestimentaires légèrement douteux. Elle chante bien, c'est évident, mais j'avais l'impression de voir un robot sur scène. Tout était travaillé, pensé, rodé, de ses déplacements sur la scène à ses moindres gestes. Beaucoup de danseurs s'agitaient autour d'elle, tant et si bien que j'en aurais bien dégommé quelques uns si j'avais eu une carabine. "Shoot 'em up", criait la voix dans ma tête…
Mais surtout, au-delà du show à l'américaine, Céline était une vraie caricature d'elle-même. Sa prestation était ponctuée de pas de danse ridicules et d'expressions faciales exagérées. Et on a même eu droit à la traditionnelle petite larmiche. Le peu de fois où elle s'est adressée au public, c'était pour sortir des banalités téléphonées ["revenir à Paris, c'est comme rentrer à la maison" bla bla bla].
Tout était vraiment trop. Trop attendu, trop bruyant, trop superficiel, trop grand, trop maîtrisé, trop lisse. Et la déception a été d'autant plus grande qu'il n'y a eu aucun autre artiste invité à partager la scène avec elle le temps d'un duo. J'ai guetté l'ombre de Jean-Jacques, qui n'est malheureusement pas venu...
Quelques points positifs quand même, sinon on va m'accuser de m'acharner sur Céline :
- Je n'ai *jamais* vu une ambiance pareille à un concert de ma vie ! C'était tout simplement hallucinant, et rien que pour ça, ça valait peut-être le détour. C'est là qu'on réalise que Céline n'a plus rien à voir avec les artistes francophones traditionnels et qu'elle est désormais sur une autre planète.
- Une chanson que je ne connaissais pas a été magnifiquement interprétée avec un piano pour seul accompagnement. Elle figure probablement sur l'un des derniers albums que j'ai écoutés rapidement sur internet. La performance live était nettement mieux que l'originale :
- La première partie du spectacle était assurée par Michael Gregorio, imitateur de son état et spécialiste des chanteurs vivants et disparus. Cet artiste a un talent phénoménal ! Je dois sortir de ma campagne parce que je n'ai jamais entendu parler de lui alors qu'il y a plein de vidéos sur youtube…
Et c'est donc sur cette note positive que je vais conclure [sur un malentendu ça peut marcher…].
26 mai 2008
And the winner is... me !
Soit les sites Internet sont des menteurs, soit je suis tombée sur l'exception qui confirme la règle. Elle était douce, aimable, gentille et prévenante. Et en plus elle m'a offert le boulot.
Je suis donc bientôt officiellement assistante trilingue dans une grosse boîte dont je tairai le nom, avec un poste de traductrice qu'on me réservera normalement d'ici quelques mois. Alors moi je dis que punaise, du premier coup, j'ai du bol ! Et en plus il y a un super CE. Et en plus il y a un service qui m'aidera à trouver un appartement et prendra en charge le coût de mon déménagement. Et en plus… la fille des ressources humaines a appelé un coursier pour qu'il me ramène en voiture jusqu'à la gare.
A côté de ça il ne faudra pas qu'il me vienne à l'idée de compter les heures de boulot, mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Y'a pas marqué La Poste, il paraît.
N'empêche que si j'obtiens effectivement le second poste, ce sera l'aboutissement de toutes mes années d'études… Traductrice… Je m'y vois déjà…
'scusez-moi, je suis encore dans la phase "petit nuage" : un nouveau boulot, bientôt un nouvel appart', tout près de ma famille et de mes amis… Je vais reprendre une vraie vie sociale ! Non pas que je n'en avais pas en Angleterre, mais j'ai toujours eu du mal à m'établir dans le provisoire, et à Paris je serai quand même chez moi.
Et les week-ends à Bordeaux, Lille et Bruxelles vont être faciles, je sens que je vais défaillir de joie.
Non mais sinon c'est toujours vrai que mes élèves vont me manquer, faut pas croire ! Avec elles, j'avais le sentiment de faire quelque chose d'utile, de laisser une trace dans leur caboche, de créer des liens, et ça il est peut probable que je le retrouve dans mon prochain boulot. Mais c'est comme ça, des liens différents se créeront probablement.
Oh et puis merde, c'est mon soir ! Champagne !
25 mai 2008
Ressources (in)humaines ?
Il y a quelques semaines, j'ai eu un premier entretien avec un chef de service pour un job d'assistante. En cadeau bonux, j'ai gagné le droit de revenir pour un second rendez-vous avec la DRH. C'est prévu pour demain 15h.
Pour moi, les DRH sont une espèce inconnue pour la simple et bonne raison que jusqu'à maintenant, je n'ai été amenée à rencontrer que des patrons et non pas des professionnels de la profession.
Et donc, en bonne élève que je suis, j'ai fait mes devoirs en écumant les sites Internet sur l'emploi dans le but de glaner quelques renseignements sur le genre de questions posées par les DRH. Petit condensé :
Quelle est la chose la plus importante que vous ayez apprise pendant vos études et pourquoi?
J'ai appris qu'on pouvait travailler au dernier moment et écumer les bars la veille des examens. J'ai bon ?
Avez-vous déjà subi des échecs dans le cadre de votre travail ? Pouvez-vous nous en parler ?
Ouais, j'ai une élève qui, au rattrapage d'un examen, a réussi à avoir une moins bonne note qu'à son premier essai, et ce après toute une série d'heures supplémentaires que je lui ai consacrées. La classe, hein ?
Pouvez-vous nous citer une réussite dont vous êtes fier ?
Je suis passée en mode pro au tennis sur Wii Sports. Et sinon désolée mais je n'ai pas fait la liste de toutes mes réussites "professionnelles", surtout que je ne travaille que depuis 3 ans.
Faites-nous le portrait du patron idéal.
Toujours en déplacement.
Pouvez-vous nous citer 5 qualités ?
Je suis multi-tâches : je peux regarder la télé, repasser le linge, vérifier mes mails, surveiller le four et répondre au téléphone en même temps. Ca fait déjà 5 là, non ?
Avez vous des amis ? Combien ?
Tu veux voir mon profil sur Facebook ou bien tu parles de ceux qu'on compte sur les doigts d'une main ?
Etes-vous célibataire ?
Ouais bon bah ça va, on va pas en faire un fromage non plus !!!!
Pensez-vous avoir des enfants ?
Ouais, plein. Juste pour faire chier la boîte avec mes congés maternité. Un par an, tant qu'on y est.
Qu’avez-vous fait pendant vos dernières vacances ?
Comme j'aime les sensations fortes, j'ai rendu visite à mes parents. Mais si tu m'embauches et que tu me fais gagner plein de sous, j'envisage d'aller au Canada un de ces quatre. Non, pas pour aller voir Isabelle Boulay, mauvaise langue...
Et ne me demande pas de faire une analyse graphologique, je peux te dire d'avance que j'écris les "s", les "p", les "b" et les "l" de deux manières différentes, parfois dans un même mot. C'est te dire si je suis dérangée...

22 mai 2008
Isabelle Boulay puissance 10
Vous qui n'êtes pas fan d'Isabelle Boulay, vous qui ne comprenez rien à la vie à la chanson, passez votre chemin ou assumez la lecture de ce post jusqu'au bout. Tenez, je vous propose même un site qui va vous faire comprendre que finalement, Isabelle Boulay, c'est pas si mal :
http://www.stars-oubliees.com/
Etre fan d’Isabelle Boulay, vous comprenez, faut assumer, garder la tête haute face aux moqueries, rester de marbre face aux attaques gratuites que les non-initiés peuvent lancer, ignorer les sourires en coin… Bref, rester digne en toute circonstance même si on aurait soi-même bien envie de faire subir le même sort aux fans de Tokyo Hotel. Ou de Natasha St-Pier hein, parce qu'il n’y a pas de raison de taper toujours sur les mêmes…
Là, voyez-vous, je pense qu'il est temps de vous expliquer les vertus thérapeutiques d’Isabelle Boulay.
Parce que vraiment – non mais vraiment ! – c’est pas ce que vous croyez ni ce que les radios veulent nous faire croire en diffusant indéfiniment "Parle-moi" qui finit par rendre allergique à tout ce qui peut bien venir du Québec et qui ouvre la bouche derrière un micro.
[RosY et Scotch : la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe]
Voici donc 10 bonnes raisons d'aimer – ou de faire aimer – Isabelle Boulay :
1. C'est la chouchoutte de Francis Cabrel, ce qui veut quand même dire quelque chose lorsqu'on est en quête de cohérence et d'authenticité. Et ne venez pas me dire que vous n'aimez pas Francis Cabrel non plus sinon je vous bannis définitivement de ce blog ! J'aurais pu vous dire aussi que c'est la chouchoutte de Patrick Bruel mais bizarrement j'ai eu un doute sur l'efficacité de ma démonstration…
2. Isabelle, elle chante le côté obscur de la force, ou comment se faire larguer en 3 chansons : "Parle-moi", "Je t'oublierai", "C'est quoi, c'est l'habitude" (mention spéciale pour la troisième). Si vous êtes des dépressifs chroniques, repassez plutôt vos vieux 35 tours de Sheila, les rois mages en Galilée n'ont jamais fait de mal à personne. Alors qu'Isabelle, elle appuie souvent là où ça fait mal. Oui oui, c'est du vécu.
3. Il n'y a pas que Francis Cabrel. Zazie, Benjamin Biolay, Julien Clerc, Maxime Le Forestier et autres Luc Plamondon ne s'y sont pas trompés. Ouais bon ok, Luc Plamondon a bien dû écrire des chansons pour à peu près tous les artistes québecois de la planète (et pas toujours les meilleurs), alors celui-là il compte un peu moins que les autres. Mais quand même.
4. Isabelle Boulay, c'est un tremplin vers d'autres artistes. Quand je pense que j'ai passé 25 ans de ma vie sans connaître Zachary Richard ou Daniel Lanois (pour ne citer qu'eux), et que je pensais que Daniel Lavoie n'avait rien d'autre à son répertoire que la chanson "Ils s'aiment", je me foutrais des baffes.
5. Tout un jour. Rien que pour cet album, on devrait lui remettre la Légion d'Honneur. Ouais, au moins. Celui-là, il ne me quittera plus et usera mes tympans jusqu'à ce que mort s'en suive.
Et par ailleurs, puisque je reviens d'un enterrement, si jamais on vous convie à assister au mien, en plus de vous morfondre dans la tristesse, pliiiiiiz demandez à ce qu'on passe cette chanson-là (et encore merci Francis) :
6. La country, chez nous, ça sonne ringard genre vieux 'ricain avec son banjo désaccordé, I am a poor lonesome cowboy, bang bang Lucky Luke tout ça. Mais quand ça sort de sa bouche, on aurait bien envie d'aller se tirer une bûche©, de prendre sa guitare (quand on sait jouer autre chose que "Le petit âne gris") et d'allumer un feu de camp. Aucun nom connu parmi les auteurs-compositeurs de "De retour à la source" ne semble résonner aux oreilles des Franco-Français que nous sommes (quoi que pas tous, en fait) mais il paraît qu’ils sont connus là-bas dans la forêt lointaine au Québec. Là on lui a fait du sur-mesure et aucun Français n’aurait de toute façon pu lui apporter la dimension d’enracinement qui se dégage de cet album. Moi je ne sais toujours pas où planter les miennes, de racines. Elle a de la chance.
[Soit dit en passant, le refrain de cette chanson me tue sur place !]
7. Isabelle Boulay, ça ne s'écoute pas. Ça se voit. Et sur scène, s'il vous plaît ! Celui qui ne ressent pas des fourmis au cœur et à l'âme n'est pas humain. Je crois qu'on ne peut pas comprendre ça tant qu'on n'a pas soi-même fait l'expérience d'un concert… Et c'est ce qui a été le déclencheur pour moi le soir où, n'ayant rien de mieux à faire, j'ai accompagné mes parents au théâtre d'Asnières. Malgré la pourritude du son et la mochitude de la salle, j'ai été scotchée à mon siège dès les premières intonations de sa voix. Si mes souvenirs sont bons, mon baptême du feu a commencé là :
8. Isabelle, elle peut tout chanter. Tous les styles et tous les interprètes, sans jamais tomber dans l'imitation ou l'aseptisé, et ce même avec Coucouroucou Paloma pepito mi corazón ! J'avais beau trouver ça ridicule sur l'album, ça a déchiré en live ! Sinon ça c'est bien aussi :
9. Isabelle, c'est l'humilité incarnée. Comme en ce soir d'hiver 2005, lors du gala de l'Adisq (les Victoires de la musique au Québec) où, en allant chercher son prix, elle va embrasser Corneille, se retrouve le visage barbouillé de maquillage noir et commence son speech sans se rendre compte de rien... jusqu'à ce que quelqu'un vienne enfin lui essuyer la face.

Et encore, l'image ne montre pas bien la tartine chocolatée... Bah elle, au lieu d'être mortifiée de honte et d'aller se cacher derrière un rideau, elle était pétée de rire.
10. Dans un temps fort fort lointain, Isabelle Boulay est sorti avec Stéphane Rousseau. C’est pas une preuve de bon goût, ça ? Hein ? Nan parce Stéphane Rousseau n'est pas n'importe quel homme, mais tout le monde sait déjà que je plaquerais famille et patrie pour aller le violer dans les toilettes de l'Olympia (ou de n'importe quel autre endroit, je suis pas difficile)… [Hormones, hormones, hot hot hot]
Et pour la rubrique pipeul totalement inexistante de ce forum : Isabelle Boulay est enceinte. Non, pas de Stéphane Rousseau, rien n'est parfait...
On ne pourra pas dire que je n'aurai pas tout fait pour vous convaincre... Nan mais j'vous jure, même le mari de Chantal Goya est fan. Ce qui me permet de vous mettre un vieux clip directement sorti des cartons :
C'est pathétique, je crois que je suis gravement atteinte. J'en remets une couche et je m'auto-promotionne honteusement :
Que voulez-vous, j'ai un cœur d'artichaut... Et donc, au moment de vous dire adieu et malgré le retard du post que tout le monde attendait si impatiemment, je vous merde (pour les uns) ou vous salue (pour les autres). Chacun saura se reconnaître... :o)
© Fanny à Montréal
EDIT : J'ai l'impression que certains fichiers audio fonctionnent et d'autres pas. Ça fait chier grave mais c'est pas ma faute à moi.
EDIT 2 : J'ai changé d'hébergeur pour les chansons, normalement tout doit marcher correctement même si les lecteurs mettent un peu de temps à s'afficher.
18 mai 2008
Avis à la population 2
Un événement indépendant de ma volonté m'oblige à reporter le post sur Isabelle Boulay de quelques jours. Pour la peine, je me demande si je ne vais pas le faire deux fois plus long que prévu...

Le truc moins drôle, c'est que je dois me rendre à un enterrement. Mais s'il y a le wifi à l'hôtel, j'essaierai de ne pas vous faire patientez trop longtemps car je sais que vous n'attendez que ça.
17 mai 2008
Avis à la population !

16 mai 2008
Zanimos
Non mais y'a vraiment des monstres dans ce bas-monde :
Deux mois de prison pour avoir tué un chat
A Montpellier, dans l'Hérault, un homme a été condamné mardi à 2 mois de prison ferme pour avoir capturé le chat de sa voisine et l'avoir plongé dans un bain d'acide.
Depuis de nombreuses années, cet homme entretenait des rapports conflictuels avec sa voisine. Le 14 octobre 2006, il a alors capturé le chat de celle-ci pour le plonger dans sa baignoire qu'il avait au préalable remplie d'acide.
De sa maison, la voisine avait entendu les cris de souffrance de l'animal, sans se douter de ce qui se passait. Elle a ensuite retrouvé les restes de son chat dans un sac poubelle, dans son jardin.
Par provocation, le responsable de ce crime avait lancé à sa voisine: "J'ai tué ton chat, je me suis régalé!".
Après avoir été assigné en justice et condamné à deux mois de prison ferme par le tribunal correctionnel, il avait fait appel. Le tribunal de Montpellier a confirmé la sentence.
---------------------------------------------
Californie: trois ans de mise à l'épreuve pour avoir poignardé une otarie
LOS ANGELES (AFP) - Un habitant de la région de Los Angeles a été condamné jeudi à trois ans de mise à l'épreuve et 200 heures de travaux d'intérêt général pour avoir poignardé une otarie qui lui avait dérobé un appât de pêche, a-t-on appris de source judiciaire.
(Publicité)
Hai Nguyen, 25 ans, pêchait le 27 juillet 2007 dans le sud de l'agglomération lorsqu'une otarie, espèce qui pullule le long des côtes californiennes, lui avait volé l'appât au bout de sa ligne. elon le parquet, l'accusé avait alors saisi un couteau de cuisine et l'avait planté dans le corps de la bête. L'animal de deux mètres de long et 70 kg, un poumon perforé, avait dû être abattu.
M. Nguyen avait plaidé coupable en novembre d'infraction à une loi fédérale protégeant les mammifères marins. Il risquait jusqu'à un an de prison ferme et 20.000 dollars d'amende.
13 mai 2008
Avec un kleenex...
Il y a deux ans, c'était un grand lâché de moutons. Il paraît que ça faisait un peu désordre sur les pelouses habituellement immaculées de l’école.
L’année dernière, les entrées avaient été bloquées de l’intérieur, empêchant profs et personnel administratif de pénétrer dans l’enceinte de l’école.
Cette année, c’est le kidnapping avec menace d’arrosage aux pistolets à eau. Il n’est pas rare de croiser dans les couloirs des profs menottés (certains attachés aux barreaux de la cage d’escalier) et des classes orphelines d’enseignants honteusement enlevés. Il y a également eu des changements hiérarchiques : Le ‘head of history department’ s’est soudainement transformé en ‘head of nothing’, le bureau de la directrice est désormais un local technique et la salle des profs une ‘chicken farm’. Décidément, à 18 ans, on a le sens de l’humour…
C’est la différence entre le modèle anglo-saxon et le modèle français. Quand une page se tourne, les écoles anglo-saxonnes mettent le paquet pour que le denier jour reste mémorable autant pour les élèves que pour les profs. Le jour où *presque* tout est permis restera à jamais gravé dans la mémoire collective, chaque génération de Terminales essayant de surpasser la précédente en créativité et en fourberie. Et généralement, ça se prépare plusieurs semaines à l’avance.
Otez-moi d’un doute, là : pourquoi j’ai décidé de rentrer en France, déjà? Le dîner de fin d’année avec les étudiants en français a eu lieu hier soir. Mes élèves m’ont offert des fleurs et des chocolats et je leur ai offert une compil d’environ 300 chansons françaises et francophones pour qu’elle se souvienne d’autre chose que leur préparation aux examens. Puis on s’est échangé nos adresses email respectives. La séparation a officiellement eu lieu cet après-midi, lorsque les femmes de ménage ont fait leur entrée sur le champ de bataille pour nettoyer le carnage le plus gros de l’année. Il me reste heureusement encore quelques classes de 3ème mais ça sent aussi le sapin à plein nez.
En ce moment, je me traîne la déprime de fin de chapitre. La même que j’ai traînée quelques semaines avant de quitter Lille. La même que j’ai traînée à nouveau en quittant Bruxelles. Ca devient chronique… Le pire, c’est que ça relève à chaque fois de ma propre décision. Non pas que je regrette, mais je déteste les adieux, je déteste les derniers regards que je pose sur les lieux et les gens, et je déteste la perspective de ne pas savoir ce qui m’attend à court terme.
J’aimerais pouvoir partir d’un pas assuré sans me retourner, mais ça me paraît compromis. Elles vont me manquer, ces fourbasses.
06 mai 2008
Mais où va le monde...?
...se demanda la presque trentenaire vieille fille.
N'empêche que je dois être un peu vieux jeu. Imaginez-vous, aujourd'hui j'ai été choquée par un piercing sur la langue. Celui d'une de mes élèves, pour être précise. Un piercing qu'elle s'est fait elle-même avec une grosse aiguille après avoir "anesthésié" sa langue avec un glaçon. Ieeeeeeew ! Tout ça parce qu'elle savait que sa mère serait contre et qu'elle ne la laisserait pas aller voir un pierceur ! Sauf que cette grosse truffe d'ado de 17 ans, elle n'a pas pensé à l'infection. Elle avait l'air malin aujourd'hui en classe avec sa langue qui avait triplé de volume...
Bien fait. Je serais sa mère, je lui reboucherais moi-même le trou avec du fil et une aiguille.
Et la palme du jour revient à mon voisin [non, pas le beau, j'vous ai dit qu'il était parti. Là c'est le con]. Il gare sa voiture sur ma place de parking. Dans la mesure où je n'ai pas de voiture, ça ne me dérange pas fondamentalement, je suis plutôt flexible comme fille. Cependant j'aurais bien aimé qu'il me demande la permission avant. Ouais, j'aime bien qu'on suive le protocole. Et j'aurais également bien aimé que ce soir, quand je lui ai annoncé que j'aurais besoin de *ma* place quelques jours pour que *mes* parents puisse y mettre leur voiture, il me réponde autre chose que "Vous êtes sûre que c'est votre place ?". Tu sais déjà que c'est pas la tienne, connard, alors tu vires ta caisse ou demain matin tu la retrouveras avec des rayures partout ! Pis si tu pouvais nettoyer la tâche d'huile sous ta bagnole, ça me ferait bien plaisir aussi ! Et puis tant qu'on y'est, ce serait encore plus chouette si tu t'achetais une grande poubelle et que tu arrêtes d'utiliser la mienne. Déjà que les éboueurs ne passent qu'une fois par semaine et que les renards font des descentes la nuit, j'aimerais bien éviter de laisser traîner mes sacs à même le sol parce que ma poubelle est pleine.
Nan mais j'vous jure... Vous tendez la main et on vous arrache le bras.
Et vous savez quoi ? Bizarrement, mon fameux voisin est... français. M'étonne pas qu'on ait mauvaise réputation, tiens !
