20 avril 2008

Un poil de mauvais poil

Mode Schtroumph grognon, Bourriquet et Grincheux. Ouais, les trois en même temps.

- D'abord, mon cousin et sa cops m'ont quittée après une semaine de crapahutage londonien. Je me sens seule, d'un coup... J'ai plus personne à qui proposer mon crumble rhubarbe-fraise "qui tue gavé" (comme disent les jeunes dans le sud-ouest). Bizarrement, il me reste des petits pois-carottes. J'avais oublié qu'un mec de 21 ans pouvait se priver de légumes et se nourrir exclusivement de cheesecake, crumble et cookies pendant 7 jours consécutifs sans prendre un gramme...

- Ensuite, le pire du pire de bordel de m** que je vais me aller me pendre de désespoir : ma dernière vraie semaine de cours avec les Premières et les Terminales débute demain. Le temps des adieux n'est pas encore venu, mais là je crois que j'ai atteint le premier palier de la déprime pré-départ. Rendez vous compte, je vais leur râbacher pour la dernière fois qu'on ne dit pas "possiblement" mais "peut-être". Qu'on ne dit pas "avoir parti" mais "être parti". Qu'on ne dit pas "aller à la toilette" mais "aller aux toilettes". Qu'on ne dit pas "j'ai oublié mes devoirs à la maison" mais "mon ordinateur est tombé en panne"... Bouhouhouh !

- Ca fait 3 mois qu'on se tape le froid, le vent et la pluie. Pays pourri.

Et sinon - parce que je sais que ça passionne les foules et que ça manque un peu d'actualité people - la nouvelle de la semaine : Isabelle Boulay est enceinte. Non, ne me dites pas merci, je savais que ça vous ferait plaisir.

Et une petite chanson pour la route. Une chanson que j'aime bien, histoire de me foutre le bourdon un peu plus :

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14 février 2008

Saint Lamantin : 3ème édition

Putain, déjà la 3ème édition et je me suis toujours pas tirée une balle. Ouais ouais, on rigole mais je voudrais bien vous y voir, vous, si vous aviez dû déménager 4 fois en 5 ans ! Vous croyez que c'est facile d'établir une relation durable dans ces conditions ? [Et de trouver des excuses de merde pour râler contre la Saint Valentin ?]

La Saint Lamantin, donc. Moi au moins je les aime. Un jour, quand j'aurai des sous pour traverser l'Atlantique autrement qu'à la nage, j'irai les voir. En attendant, la petite vidéo rituelle :

Et plus le temps passe, plus j'ai peur de ressembler à ça :

Une de mes scènes préférées... C'est pathétique mais qu'est-ce que c'est marrant [de se moquer des autres].

Et avant d'aller (vous) coucher ce soir, une petite prière pour les desperate bachelorettes qui doivent cocher "single" sur le formulaire de la taxe d'habitation britanniquetamère. Ca fait toujours 25 % de réduc', mais est-ce que ça compense les 50 % qu'une riche douce moitié pourrait apporter ? Hein ? Et bah non ! Les célibataires restent les moutons noirs de la société, c'est un scandale !

Aller, je ne suis pas rancunière et je vous souhaite quand même une bonne journée. Profitez-en, l'année prochaine vous serez peut-être tout(e) seul(e)... [Moi, acariâtre ?]

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18 janvier 2008

J'ai pas de titre...

Sandra, c'était pas une amie. Mais c'était plus qu'une simple connaissance. Quand je la croisais dans la résidence, elle me disait "Mais t'es encore en vacances ?" [Note de moi : tiens c'est bizarre, on me le dit souvent...]. Elle passait prendre un café de temps en temps et je lui faisais des coucous quand je la voyais passer en courant devant ma fenêtre, avec la poussette et un enfant accroché de chaque côté. "Je les aime comme s'ils étaient les miens !". Je n'ai jamais entendu une nourrice dire ça auparavant.

Sandra, elle a pas eu une vie marrante. Elle a vécu dans 2 familles d'accueil parce que sa mère ne pouvait pas l'élever. Elle n'avait pas de diplôme, passait 3 heures par jour dans les transports en commun pour aller bosser, et claquait ses maigres économies tous les 2 ou 3 ans pour rejoindre ses frères et soeur en Martinique.

On ne lui donnait pas d'âge. 25 ans ? 30 ans ? 35 ans ? Non, en fait c'était 40, mais ses fringues multicolores et ses tresses lui donnaient des airs d'adolescente.

Quand elle est revenue de vacances en septembre, tout le monde lui a dit "Mais qu'est-ce que tu as maigri, t'es malade ?". "Oh j'ai dû attraper une gastro en Martininique", répondait-elle à chaque fois. En octobre, il a fallu que son employeur la traîne par la peau du coup pour qu'elle aille enfin chez le médecin, parce qu'une gastro qui dure un mois et demi et qui fait perdre 20 kg, c'est pas normal.

Un jour, puis deux, puis trois. "Tiens c'est bizarre, on ne voit plus Sandra"... En fait, Sandra n'avait pas de gastro, elle était malade. Gravement malade. Le genre qui se termine par une annonce dans le journal avec les mots "décédée des suites d'une longue maladie". Sauf que là nan, en fait. Elle est décédée, oui. Mais d'une courte maladie. On dit "fulgurante" en langage journalistique. Trois mois et c'est fini. A l'hôpital, elle ne voulait voir personne mais du coup elle aura tout plein de monde à son enterrement mardi. Je ne serai pas là pour dire au revoir mais je suis vachement triste quand même.

Et oui, j'ai changé l'apparence du blog. C'est provisoire mais j'en avais marre du bleu foncé. Et puis ce soir, j'avais envie de rose pour chasser le noir.

Edit 5 minutes plus tard : Quand j'y pense, ça me donne envie d'écrire des conneries. Par exemple que c'est pas juste que des gens qui ne fument pas et qui ne boivent pas terminent comme ça. Parce que merde, le cancer y'a rien de plus injuste dans la vie, et quand je pense que des tas de gens prennent délibérément le risque de terminer avec ça alors que d'autres n'ont rien demandé, ça me fout en boule. Si vous êtes fumeurs ou alcooliques, désolée. J'ai des raisonnement à la con, des fois... En même temps je suis un peu chez moi et je suis un peu de mauvaise humeur aussi, alors je vous emmerde.

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10 décembre 2007

Où sont les vieux ?

oldBon ok, titre de merde. Mais n’empêche que c’est vrai. Il y a encore 10 ans, j’avais tout un tas de personnes âgées dans mon entourage immédiat. Grands-parents, voisins, amis de mes parents ou simples connaissances. Pour moi c’était quelque chose de normal. De temps en temps, j’allais remettre sur son fauteuil roulant la dame du rez-de-chaussée qui avait glissé, ou bien je discutais dans la rue avec la presque centenaire qui promenait sa chienne Pénélope (et dont les chiennes précédentes avaient toutes porté le même nom), ou encore je dînais au restaurant avec mes parents et une de leurs vieilles amies qui m’a toujours autant gâtée que mes propres grands-parents. Aujourd’hui, seule une grand-mère est encore en vie. Malgré son âge, l’énergie syndicaliste n’a de cesse de la maintenir dans une forme époustouflante... Mais les autres sont partis en un laps de temps finalement très court.

Et il y a l’épreuve par laquelle tout le monde passe au moins une fois dans sa vie : vider la maison d’un proche décédé. Je me revois encore dans la maison de ma grand-mère, à trier les objets qui m’étaient – et surtout *lui* étaient – familiers. "On garde, on donne ou on jette ?" Et là, t’as envie de dire "On garde, bien sûr !", sauf que tu ne peux pas tout garder… Les biens se retrouvent éparpillés aux quatre vents, tu te retrouves à lire des vieilles cartes postales conservées dans une boîte à chaussure, des photos, des documents, des pans de vie que tu ignorais et dont tu essayes de reconstituer le puzzle. Car oui, c’est seulement une fois qu’il n’y a plus personne pour apporter de réponses que toutes les questions se posent. Sur ce qui n’est parfois qu’un détail, et pas forcément le genre d’information capitale dans ta vie… mais des choses qui t’auraient aidé à comprendre telle ou telle réaction, tel ou tel sourire ou telle ou telle ombre.

Madeleine, elle aimait bien râler pour tout et n’importe quoi. Je pense que ça a dû sauter une génération et s’inscrire directement dans mes gênes. On dansait la capucine les soirs d’été au bord de la Garonne et là, bizarrement, elle ne râlait plus. Même que quelquefois, y’avait d’autres vieux qui venaient danser avec nous…

Louis s’achetait toujours un gâteau chez le pâtissier quand il allait faire les courses et le dévorait devant une bonne bière au café du coin. Et ça faisait toujours râler Madeleine.

Jean adorait réciter les fables de La Fontaine à ses petits enfants et raconter des histoires qui font peur quand ils refusaient de manger à table. Genre "Si tu manges pas, tu vas mourir". Quel déconneur, ce Jean !

Renée avait une écriture d’écolière. Et chaque mot était porteur de bonté.

Odette avait un chat qu’elle aimait profondément. Que ses neveux ont foutu dehors sitôt qu’Odette est morte. On se demande comment c’est possible d’être aussi gentil et d’avoir des salopards comme héritiers. La vie est injuste…

Lucie a élevé des enfants qui n’étaient pas les siens. A intégré une famille qui n’était pas la sienne. Se faisait appeler "Mamy" par tout le monde. Et c’était loin d’être injurieux !

Georges avait une trachéotomie, alors il ne parlait pas beaucoup. Mais ses yeux…

Alice était si maigre qu’on aurait presque voulu l’entourer de coton pour ne pas qu’elle se blesse. C’était la dignité qui la faisait tenir debout, et je crois bien que ça la rendait belle…

Et il y avait aussi Georgette, Bernard, Jacqueline, le Général, Louise et les autres… Des noms qui condensent un passé tantôt obscur tantôt lumineux, et que je n’ai pas oubliés.

Aujourd'hui que tous ces gens-là sont partis, je réalise que les prochains sur la liste appartiennent à la génération de mes parents. Si la vie fait bien les choses – et à choisir j’aime autant que ce soit le cas – je sais que je repasserai encore par là, mais j’espère que je me poserai moins de questions.

Et juste pour vous rassurer sur ma santé mentale, non je ne traverse pas une phase de dépression. Je poste juste quand ça sort et après je reprends une vie normale…

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05 décembre 2007

No future ?

peurOuaais, les jeunes ça fait rien qu'à rester chez leurs parents jusqu'à 30 ans, c'est que des feignasses qui veulent profiter de leur boniche gratuite gentille maman pour la lessive, le repassage, la cuisine et le ménage, pis ça fait des études jusqu'à au moins 25 ans, ça se rend pas compte que les études, ça coûte cher, et en plus ça fait rien qu'à sortir tout le temps et à pas prévenir quand ça reste pas pour le dîner, et j'vous jure, ça veut même pas nourrir le chat ou sortir le chien de temps en temps, ça monopolise aussi la voiture genre c'est urgent, ça peut pas faire 500 mètres à pieds ou prendre les transports en commun, ça reste des heures dans la salle de bain, c'est à peine si ça embrasse encore sa mère, ça reste planté devant la télé à regarder des séries à la con, ou alors ça squatte l'ordinateur pour discuter sur MSN quand papa veut faire ses comptes, et puis merde à la fin est-ce qu'on a trimé toutes ces années pour élever une génération de sangsues ??

Mais moi, ce que je vois quand j'imagine mon retour en France au mois de juillet, c'est que putain c'est dur d'être jeune adulte quand on gagne pas au moins 2 000 euros par mois et que par dessus le marché on a la malchance d'être célibataire. Parce que le prix moyen d'un 2 pièces potable, ça tape vite dans les 800 euros, et comment tu fais ta mère pour te payer ça avec un salaire autour de 1 300 euros (voire un peu plus si t'as du bol et moins si la vie t'en veux), avec les taxes et impôts divers et variés qui tombent régulièrement et te font pleurer le porte-monnaie? Alors ok, t'aurais peut-être pas dû acheter la Wii, les DVD, les cadeaux de Noël, les fringues et tout le tralala, parce que tu sais pas faire d'économies. Mais bon bien que tu aies un sens des priorités qui laisse un peu à désirer, c'est pas très normal de pas pouvoir trouver un logement décent à un prix décent. J'veux dire, tu peux toujours habiter à Bruxelles, t'auras le double de superficie pour moitié moins cher qu'à Paris, mais c'est pas forcément possible non plus, n'est pas belge qui veut, hein ! En plus maintenant que t'as franchi le cap fatidique du diplôme de fin d'études, que t'as arrêté de te pochetronner tous les jeudi, vendredi et samedi, que tu sors plus avec n'importe qui, que t'as fait le tri dans tes fréquentations et que t'as d'autres ambitions que de savoir si tu pourras dormir par terre sur le tapis du celui ou celle qui organisera la prochaine beuverie (parce qu'il n'y aura plus de beuveries de toute façon), tu mériterais bien un peu d'avoir une vie qui correspond à ton âge mental, l'âge de travailler, de te lever tôt et de faire un effort pour t'habiller comme un adulte.

Tout ça pour dire que dans quelques mois, si je n'arrive pas à trouver un job correct avant mon départ d'Angleterre, je vais remettre les pieds dans ma vieille chambre, en essayant de trouver un peu d'espace entre les affaires de ma mère et mes cartons de déménagement, et je vais me mettre à table avec les deux vieilles têtes qui m'ont fait grandir mais bon rien que d'y penser j'ai l'impression que Freddy Krueger est en train de me souhaiter bonne nuit, et pourtant c'est encore loin, j'ai le temps de me faire à l'idée, mais ça me stresse d'avance. Et peut-être aussi qu'il faudrait que j'arrête d'écumer les sites immobiliers qui me foutent le moral au 3ème sous-sol. Encore une chance que j'écoute pas Tokyo Hotel, je pourrais en plus être un cas désespéré...

Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ? J'étais censée régler la question pendant mon séjour ici, en fait. Le compte à rebours commence. Vite, une idée !!

Pour la peine, un petit bout de Katie Melua ne serait pas du luxe. Pour le moment, c'est le seul que je puisse t'offrir sans y laisser une boîte d'anti-dépresseurs.


Just Like Heaven - Katie Melua
 

En vrai, je suis pas aussi gravissime que ça... J'aime bien dramatiser...

Posté par Sparadra à 21:47 - Coup de déprime - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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