28 juin 2008

La der' des der' !

Mémoire photographique. Clic, clic ! L'école qui s'éloigne derrière moi, le bus 111 qui file vers Heathrow, les jardins de chaque côté de la route, le parking du supermarché, ma maison qui apparait au loin. A chaque coup de pédale, un dernier regard, une dernière image, un dernier souvenir.

Les cartons se ferment les uns après les autres. La camionnette se remplit. Demain matin, le départ.

Bye bye Hampton.

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22 juin 2008

Serial goodbyes

Notifier, payer, téléphoner, résilier, trier, jeter, ranger, réparer, empaqueter, récurer, réserver, déménager...

Mais surtout…

Dire adieu aux profs en leur payant une tournée au pub du coin.
Dire adieu aux élèves en arrivant en classe avec des bombecs.
Dire adieu au personnel administratif en leur portant des chocolats.
Dire adieu à la proprio en lui rendant un appart' encore plus propre qu'avant.

Faire une dernière caresse au chat que je croise tous les matins en allant à l'école.
Voir les derniers écureuils gris croiser ma route.

Demain, commence officiellement ma dernière semaine de cours, ponctuée d'adieux et de dernières fois.

J'ai rarement ressenti autant d'émotions en même temps : la tristesse du départ, le stress du déménagement, la joie d'habiter enfin près de ma famille et mes amis, l'impatience de voir le nouvel appartement, l'excitation du nouveau bouleau, l'angoisse de ne pas être à la hauteur et de décevoir, l'espoir de ne plus vivre dans le provisoire, l'envie de me planter quelque part pour au moins quelques années, et tout simplement la peur de l'inconnu.

Evidemment, mes nuits n'ont jamais été aussi agitées qu'en ce moment… Je vis à la fois dans le positif et l'inquiétude, et ça ne fait pas forcément bon ménage. La nuit dernière, j'ai rêvé que j'hébergeais un serial killer…

EDIT : Oliv' m'a signifié qu'il y avait des problèmes d'affichage du blog. Ca m'arrive assez régulièrement aussi de ne voir dans mon navigateur qu'un fond bleu et du html merdicum. Des fois cha marche, des fois cha marche pas. Ca vous le fait aussi ? Et si oui, merci de m'indiquer quel navigateur vous utilisez. De toute façon, j'envisage d'aller voir ailleurs si j'y suis, histoire que le déménagement soit vraiment complet.

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31 janvier 2008

Porverbe chinois

Quand avis de tempête tu ignoreras
Que plus maline que tout le monde tu te croiras
En vélo tu te crasheras
La honte tu attraperas
Comme un canard tu marcheras...

...et ce sera bien fait pour ta g*eule, espèce de rebelle !!!

animated_crash

A la météo anglaise, quand ils disent "avis de tempête" en fait ça veut dire "attention cyclone sortez surtout pas de chez vous".

J'aurais pu me tuer, hein ! Et tout ça pour aller travailler, en plus ! Pis si les gens pouvaient rentrer leurs poubelles quand il y a de la tempête, ça m'éviterait de faire du slalom entre les bouteilles en plastique, les épluchures de patates et les pots de yaourt...

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15 janvier 2008

I just wanna make love to yoooouuuu !

Il fut un temps où je laissais ouverte la porte du cabanon contenant mon compteur électrique, le facteur le trouvant bien pratique pour y déposer les colis en mon absence. Mais j’ai décidé de changer de tactique car parfois, la vie vous offre des petites satisfactions dont il serait criminel de ne pas profiter.

Désormais, c’est mon voisin qui reçoit mes colis. Et mon voisin, c’est le Jude Law de la rue, le Brad Pitt du pâté de maison, le Leonardo du quartier. Pour vous dire, même la vieille d’en face se fait livrer chez lui… [La fourbasse, en fait elle ne bouge jamais de chez elle mais elle veut lui faire croire qu’elle est sourde et qu’elle n’entend pas le facteur sonner]

Quand j’ouvre ma porte et qu’il me tend mon paquet avec un grand sourire, j’ai les hormones qui se mettent à danser la lambada. Je ne dois d’ailleurs pas être la seule parce qu’en quelques mois, j’ai bien dû rencontrer 6 ou 7 nanas différentes qui sortaient de chez lui… 

Ce soir, le Père Noël est passé. Il s’était rasé la barbe et avait mis un jean. Mmmmpppphhhh… je devrais commander plus souvent par Internet, moi !

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13 janvier 2008

Little Sister is Watching You

spyingQuand on exerce un métier par lequel on est amené à rencontrer du monde - genre médecin, assistante sociale, péripatéti… pharmacien ou encore professeur - les barrières de l'anonymat disparaissent et il est courant de croiser des tas de gens liés à ton boulot le week-end, surtout en période de soldes alors que tout le monde prend un malin plaisir à fréquenter les mêmes magasins. Et tu comprends petit à petit que ta vie privée n'est plus un mystère pour personne.

J’étais déjà une habituée des rencontres fortuites avec mes élèves : au supermarché, dans le bus, au cinéma, ou même sur le pas de ma porte (un des inconvénients à habiter tout près de l’école)… C’est le revers de la médaille, mais généralement ce sont mes élèves qui sont les plus gênées de me voir parce qu’elles ont toujours honte de quelque chose, que ce soit de leurs fringues vulgaires, de leurs amis bourrés ou de leur mère bavarde comme une pie.

Mais il y a quelques semaines, j’ai fait l’expérience contraire (celle qui a marqué le démarrage de la guigne) : le vestiaire de la piscine. Le lieu où tu te ballades à moitié à oilpé et où tu n’as rien d’autre qu’un minuscule bout de serviette pour te protéger d’un "Hey look ! She’s my French teacher !". Là tu sais que le lendemain, entre le début des cours et la fin de la récré, toute l’école sera au courant que tu as un bonnet de bain rose, un maillot bleu et que t’as trop l’air débile avec tes lunettes de piscine.

Mais y’a pire : le rayon soutifs de H&M (fournisseur officiel des profs pauvres). Je regarde, je décroche, je tâte la matière, je cherche la bonne taille, je fais mine d’en mettre un devant moi pour voir ce que ça pourrait donner, "ouais nan, ça fait pouffe", "nan celui-là il fait grand-mère", "le noir je suis pas vraiment sûre"… et là bam ! Deux élèves de 3ème qui se bidonnent discrètement derrière les culottes Snoopy ! Encore un bon truc à raconter lundi.

Mais y’a *encore* pire. La cerise sur le gâteau ! La perle du week-end [et là, hommes du blog, passez votre chemin] : le rayon des tampons et serviettes hygiéniques à la supérette. Aaaaaaaaaargh ! Et cette fois-ci, c’est une petite 6ème du Club de Français qui me surprend ! Oui oui, celle qui n’a pas encore expérimenté la dure réalité de la vie de femme et qui rigole encore quand on lui dit "caca prout". Si encore c'était une grande de Terminale qui t'avait chopée avec une boîte de Vania dans les mains, tu aurais au moins pu sourire d'un air entendu (parce que ça c'est un truc qu'elle est susceptible de comprendre et que la solidarité fémine passe outre la distance prof-élève)... Mais non, même pas !

Là je suis sûre que je vais avoir droit à des retombées. Et les garces, quand elle ont un truc marrant à dire sur un professeur, elles ne se gênent pas pour le faire remarquer aux autres profs aussi. A peu près 95 % du personnel enseignant était au courant de l'épisode de la piscine, alors je n'ose imaginer ce qu'il en sera pour le dernier opus ! Plus on est de fous…

En même temps de quoi je me plains, hein ? Ca pourrait être pire, elles auraient pu me surprendre en train d’acheter des préservatifs (au même rayon que les tampons).

Ouais en fait nan. Y’a peu de chance pour que ça se produise avant mon départ… Mais quand même. La honte. Je me demande si j'arriverai encore à faire pire...

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08 décembre 2007

Londres, welcome to Hell !

christmas_shoppingLondres, c’est rien qu’une ville de capitalistes avides de consommation et de désirs futiles ! Alors moi, toujours soucieuses de m’intégrer du mieux possible à mon environnement, j’ai revêtu le costume de la parfaite consommatrice prête à affronter le grand déballage commercial de Noël.

Equipement : carte bancaire, sac, bouteille d’eau, mitaines de clown, bonnet de clown, écharpe (non, pas de clown).

Première étape, celle par laquelle tout touriste et londonien de base commence : Selfridges, sur Oxford Street. L’antre de l’Enfer… Tu vois les Galeries Lafayette la veille de Noël ? Bah là c’est pire. T’avise surtout pas de refaire ton lacet, la foule - genre  troupeau de buffles assoiffé depuis 3 mois qui vient de repérer une mare d'eau - risquerait de te piétiner jusqu'à ce que mort s'en suive.  Je cherche désespérément des idées de cadeaux de Noël, je mate les vitrines, je reluque les paniers des gens dans le magasin, je me perds dans les rayons. Rien.

Deuxième étape, celle par laquelle tous les gens friqués commencent : Harrods. Oxford Street, c'était la mise en bouche et t’aurais jamais cru ça possible. C’est l’expérience que tu ne fais qu'une fois dans ta vie et tu sais que tu ne recommenceras jamais. Un peu comme le saut en parachute, sauf que là t’as à peu près la moitié de la population européenne dans le dos. Je suis au bord de la crise d’asthme au rayon parfumerie, je rampe au rayon épicerie fine ("Non non, résiste à l’appel du chocolat !"), j’ai une attaque cardiaque au rayon sacs à main (non seulement c’est moche, mais en plus ça coûte 3 fois mon salaire mensuel). Et toujours rien dans le sac. Et surtout, *surtout*, pas question d’avoir envie de faire pipi ("Bouteille d’eau de meeeeeerdeuh !"), y’a la queue jusqu’à 2008 pour arriver au premier toilette.

Troisième étape, celle par laquelle toute personne moyennement fortunée se résout à passer : Marks & Spencer. Ouais bon, des fringues, des produits de beauté, de la bouffe. Des choses que tu achètes pour toi, pas pour offrir. Chou blanc.

Je lutte contre le vent, la pluie et la foule jusqu’au prochain métro. Fermé. Bordel, mais quelle idée de fermer une station de métro dans un quartier ultra touristique ? Je re-lutte contre le vent, la pluie et le mal de pieds qui, si ça continue, va finir par un écroulement juste là, sur le trottoir. Station suivante. Un ou deux changements. Débarquement à Waterloo où je loupe mon train de 3/10ème de secondes. Ouais, putains de kilos en trop... Je fais le pot de fleurs une bonne ½ heure, monte dans le train, somnole entre deux chapitre de l'autobiographie de Rupert Everett, change pour un bus, arrive chez moi. Douche, potage, un suppo et au lit.

Et si cette année on ne s’offrait pas de cadeaux de Noël ? En voilà une idée qu’elle est bonne !

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19 novembre 2007

C'est ça la France !

bobbyJ'ai été sifflée par un Anglais. Ca pourrait être plutôt flatteur, mais il se trouve que j'ai été sifflée... par un gendarme anglais. Sous prétexte que je faisais du vélo sur le trottoir. Oh l'aut' ! Est-ce qu'il siffle les petits vieux dans leurs fauteuils roulants électriques de course qui roulent plus vite que les vélos ? Non Monsieur ! (ou Madame, c'est vous qui voyez).

Mise en contexte : ça fait 3 jours qu'il pleut des cordes, les caniveaux regorgent d'eau et je me faisais éclabousser les pieds et le pantalon par toutes les voitures, tous les camions et tous les bus qui me dépassaient. Genre quand je suis arrivée à l'école ce matin, on aurait dit que je revenais tout juste d'un week-end "opération militaire en forêt". Alors ce soir, j'ai comme qui dirait "emprunté" les trottoirs pour rentrer chez moi les pieds au sec, mais pour ma défense, les trottoirs étaient vides. Vides, sauf pour ce con de bobby qui était caché derrière une voiture !

Va expliquer à un Anglais - roi de la politesse et du savoir-vivre par définition - que c'est bien de rouler à bicyclette sur les trottoirs... Pas de contravention cette fois-ci, mais je pense que je l'ai définitivement conforté dans son idée que les Français, ça ne respecte rien. Ce qui n'est pas tout à fait faux...

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09 novembre 2007

Hampton Court Palace et couleurs d'automne

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Je ne suis pas pressée que l'hiver se radine et chasse ces si jolies couleurs...

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16 octobre 2007

Système de santé anglais, première !!

Mardi, 38,9°C de température. Je choisis dans l'annuaire un médecin pas trop loin de chez moi. "Bonjour Madame, je voudrais prendre rendez-vous. Si je suis enregistrée ? De quoi tu me parles ? [Ah merde, j'ai pas pensé à m'enregistrer auprès d'un médecin de la sécu lors du mon arrivée en Angleterre]. Pas possible de venir vous voir quand même ? Non ? Bontanpis. Et si je m'inscris maintenant d'avance pour la prochaine fois ? Hein ? Une liste d'attente pour devenir la patiente potentielle d'un médecin ? Gneu ! Au revoir Madame General Practioner à la noix."

Re-fouillage d'annuaire pour un médecin privé. "Bonjour Monsieur, ça coûte combien une consultation chez vous ? Hein ? 40 livres (équivalent de 60 euros) non-remboursés et sans compter les médicaments ? Tu me prends pour McCartney ou quoi ? Comment ça je peux toujours aller aux urgences ? Je ne vais pas aller à l'hôpital pour ça !"

Finalement, je me traînerais bien ma crève une dizaine de jours de plus, tiens ! C'est gratuit, pas de liste d'attente, j'en ferai profiter mes collègues et mes élèves et j'en ramènerai un peu en France le week-end prochain.

Mais à part ça, ce cher Michael Moore - toujours bien renseigné et soucieux de vérifier ses sources - fait l'éloge du système de santé anglais dans son film Sicko. En dehors du fait que ce mec est une imposture à lui tout seul (ce qui fera peut-être l'objet d'un prochain post), mon aventure n'est qu'un détail au sein de cette monstrueuse institution qu'est le NHS qui accumule les scandales depuis quelques mois.

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07 juillet 2007

Y'a que BA qui me fait ça !

Hier soir, mail de British Airways avisant ses aimables passagers du week-end à se présenter très tôt à l'embarquement car départs en vacances oblige + ralentissement des procédures d'enregistrement à cause des menaces terroristes et de la mise en circulation d'un nouveau type de passeports.

Bon. Au lieu de me lever aux aurores, je vais donc me lever... avant les aurores.

Après avoir léguminé pendant 1h15 la joue gauche collée à la vitre du bus me conduisant au terminal 4, vision d'horreur : pratiquement personne dans la zone de British Airways. Et j'ai donc... 4 heures d'avance sur mon vol. Merci BA d'être aussi prévenant avec tes clients.

Passage éclair à la pharmacie pour médocs anti-stress (en fait, l'homéopathie c'est que du pipo-placébo), enregistrement puis contrôle des bagages à main. Commence alors la merdum totalum...

Petit flash back : par une soirée d'hiver froide et venteuse, alors que mon radiateur est sur le point de rendre l'âme, j'allume le radiateur hallogène récemment acheté pour suppléer au vieux. Par connerie mégarde, j'ai la mauvaise idée de laisser le portable quelques minutes devant le radiateur. Résultat (qui m'a valu un tonnerre d'applaudissement au service après-vente de Surcouf) :

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(Plus de peur que de mal, l'écran n'a pas été touché.)

Retour au terminal 4. Après 3 ou 4 passages dans la machine, un membre du personnel de BA embarque mon ordinateur dans un bureau. Au bout d'un quart d'heure, Anne ma soeur Anne, je ne voir toujours rien (re)venir. Puis on m'envoie quelqu'un qui me soumet à un questionnaire : Vous allez où ? Qu'est-ce que vous faisiez en Grande Bretagne ? Est-ce que quelqu'un a eu accès à vos bagages depuis votre arrivée à l'aéroport ? Vous avez l'air stressé, comment ça se fait ? Et POURQUOI EST-CE QU'IL Y A UN PUTAIN DE GROS TROU DANS LA COQUE DE VOTRE ORDINATEUR ?? Nan mais c'est vrai, des fois que j'aurais fait péter la coque d'un ordi à 1 300 euros pour y mettre des explosifs...

Mais j'vous jure, m'sieur, j'ai rien fait ! C'est la faute au radiateur ! Un détecteur manuel de je-ne-sais-pas-quoi, un prélèvement sur un tissu bizarre et quatre mecs plus tard, on me rend enfin mon bébé.

J'avais déjà pris l'habitude de me justifier à chaque contrôle de bagages Eurostar, mais là ça a été la cerise qui a fait déborder le vase. Si j'ai décidé de prendre l'avion, c'est que le billet coûtait 3 fois moins cher qu'un billet Eurostar. Et si je suis prête à faire face à 3 fois plus d'angoisse, c'est certainement pas pour me faire sauter à 3 000 mètres d'altitude. Je sursaute déjà au moindre bruit étrange de l'avion...

Bon la prochaine fois je tente le ferry. J'aurais peut-être plus de chance avec les machines à sous !

Posté par Sparadra à 21:27 - Brit-british - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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