26 mai 2008
And the winner is... me !
Soit les sites Internet sont des menteurs, soit je suis tombée sur l'exception qui confirme la règle. Elle était douce, aimable, gentille et prévenante. Et en plus elle m'a offert le boulot.
Je suis donc bientôt officiellement assistante trilingue dans une grosse boîte dont je tairai le nom, avec un poste de traductrice qu'on me réservera normalement d'ici quelques mois. Alors moi je dis que punaise, du premier coup, j'ai du bol ! Et en plus il y a un super CE. Et en plus il y a un service qui m'aidera à trouver un appartement et prendra en charge le coût de mon déménagement. Et en plus… la fille des ressources humaines a appelé un coursier pour qu'il me ramène en voiture jusqu'à la gare.
A côté de ça il ne faudra pas qu'il me vienne à l'idée de compter les heures de boulot, mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Y'a pas marqué La Poste, il paraît.
N'empêche que si j'obtiens effectivement le second poste, ce sera l'aboutissement de toutes mes années d'études… Traductrice… Je m'y vois déjà…
'scusez-moi, je suis encore dans la phase "petit nuage" : un nouveau boulot, bientôt un nouvel appart', tout près de ma famille et de mes amis… Je vais reprendre une vraie vie sociale ! Non pas que je n'en avais pas en Angleterre, mais j'ai toujours eu du mal à m'établir dans le provisoire, et à Paris je serai quand même chez moi.
Et les week-ends à Bordeaux, Lille et Bruxelles vont être faciles, je sens que je vais défaillir de joie.
Non mais sinon c'est toujours vrai que mes élèves vont me manquer, faut pas croire ! Avec elles, j'avais le sentiment de faire quelque chose d'utile, de laisser une trace dans leur caboche, de créer des liens, et ça il est peut probable que je le retrouve dans mon prochain boulot. Mais c'est comme ça, des liens différents se créeront probablement.
Oh et puis merde, c'est mon soir ! Champagne !
25 mai 2008
Ressources (in)humaines ?
Il y a quelques semaines, j'ai eu un premier entretien avec un chef de service pour un job d'assistante. En cadeau bonux, j'ai gagné le droit de revenir pour un second rendez-vous avec la DRH. C'est prévu pour demain 15h.
Pour moi, les DRH sont une espèce inconnue pour la simple et bonne raison que jusqu'à maintenant, je n'ai été amenée à rencontrer que des patrons et non pas des professionnels de la profession.
Et donc, en bonne élève que je suis, j'ai fait mes devoirs en écumant les sites Internet sur l'emploi dans le but de glaner quelques renseignements sur le genre de questions posées par les DRH. Petit condensé :
Quelle est la chose la plus importante que vous ayez apprise pendant vos études et pourquoi?
J'ai appris qu'on pouvait travailler au dernier moment et écumer les bars la veille des examens. J'ai bon ?
Avez-vous déjà subi des échecs dans le cadre de votre travail ? Pouvez-vous nous en parler ?
Ouais, j'ai une élève qui, au rattrapage d'un examen, a réussi à avoir une moins bonne note qu'à son premier essai, et ce après toute une série d'heures supplémentaires que je lui ai consacrées. La classe, hein ?
Pouvez-vous nous citer une réussite dont vous êtes fier ?
Je suis passée en mode pro au tennis sur Wii Sports. Et sinon désolée mais je n'ai pas fait la liste de toutes mes réussites "professionnelles", surtout que je ne travaille que depuis 3 ans.
Faites-nous le portrait du patron idéal.
Toujours en déplacement.
Pouvez-vous nous citer 5 qualités ?
Je suis multi-tâches : je peux regarder la télé, repasser le linge, vérifier mes mails, surveiller le four et répondre au téléphone en même temps. Ca fait déjà 5 là, non ?
Avez vous des amis ? Combien ?
Tu veux voir mon profil sur Facebook ou bien tu parles de ceux qu'on compte sur les doigts d'une main ?
Etes-vous célibataire ?
Ouais bon bah ça va, on va pas en faire un fromage non plus !!!!
Pensez-vous avoir des enfants ?
Ouais, plein. Juste pour faire chier la boîte avec mes congés maternité. Un par an, tant qu'on y est.
Qu’avez-vous fait pendant vos dernières vacances ?
Comme j'aime les sensations fortes, j'ai rendu visite à mes parents. Mais si tu m'embauches et que tu me fais gagner plein de sous, j'envisage d'aller au Canada un de ces quatre. Non, pas pour aller voir Isabelle Boulay, mauvaise langue...
Et ne me demande pas de faire une analyse graphologique, je peux te dire d'avance que j'écris les "s", les "p", les "b" et les "l" de deux manières différentes, parfois dans un même mot. C'est te dire si je suis dérangée...

13 mars 2008
Qui veut mourir ?
Je vous ai parlé du meilleur, mais j'ai souvent l'opportunité de me confronter au pire. Morceaux choisis :
1. Gayatri qui me demande pourquoi on dit "attendu" mais pas "comprendu" alors que les infinitifs se terminent de la même façon. [Heu… parce que comprendre est irrégulier, toi compris ?] Visiblement insatisfaite de mon explication, elle me demande ensuite pourquoi "attendre" n'est pas irrégulier, lui. [Heu… parce que sinon ça ferait "attendris", et qu'on a déjà un "attendri" histoire que tout soit clair et que tout le monde ait bien comprendu] [Et si tu poses encore une question, je t'agrafe la bouche]
2. Zahra, qui continue à parler quand je lui dis de se taire, qui parle encore quand je la menace d'une punition, qui parle encore quand je lui donne la punition, qui parle quand je la sors de la classe, et qui trouve encore le moyen de parler dans le couloir et que je l'entends de l'autre côté de la porte. [Vite, montez l'échafaud, je crois que je vais faire un malheur !]
3. Rosie, qui sèche mon cours une semaine sur deux. Un indic m'a dit où elle se cachait, la prochaine fois je vais la choper en flag'. [Et croyez-moi, elle va faire trois tours dans son slip sans toucher les bords !]
4. Francine [non, pas la farine] qui remonte sa jupe d'uniforme au ras des fesses et déboutonne le haut de sa chemise de manière à ce qu'on voie sa poitrine [On est dans une école de filles, bordel, elle s'attend à quoi là ?] Mais Super Prof lui fait tirer sa jupe vers le bas et reboutonner la chemise. Depuis que Francine couche, elle se croit tout permis… [Ouais, aucune vie privée dans cette école, on sait tout sur tout le monde] [En même temps, elle n'avait qu'à pas l'écrire sur un petit mot qu'elle a fait passer en classe et que son prof de maths a intercepté]
5. Charlotte qui me sort qu'il y a trop de parasites au Royaume-Uni et que les chômeurs sont des feignants. Pour info, Charlotte est en Terminale, et après son A Level (le bac anglais), elle va prendre une année sabbatique et faire le tour du monde aux frais de papa-maman.
6. Kate, qui pense qu'Hollyoaks (version anglaise de "Plus belle la vie"), c'est mieux que Friends. [Et un D en participation, c'est mieux qu'un A tu crois ?]
7. Esha, qui se rétame aux examens blancs parce que c'est une grosse feignasse alors que j'ai fait des heures sup' pour l'y préparer.
8. Une élève que je ne connais pas et qui a raconté à tout le monde qu'elle m'avait vue sortir des toilettes pour hommes [Est-ce que j'y suis pour quelque chose, moi, si les toilettes pour femmes sont à l'autre bout de l'école juste le jour où y'a une urgence à l'abus de Volvic ?]
9. Jess, qui fait encore des blagues pipi-caca à 16 ans et que je vais renvoyer en 6ème si elle continue à me faire ch***.
10. Sarah, que j'arrêterai d'interroger sans arrêt le jour où elle n'arrivera plus en retard, qu'elle aura fait ses devoirs et qu'elle ne me toisera plus d'un regard hautain quand je lui parle.
Je propose qu'on rétablisse les châtiments corporels à l'école. Ça se faisait dans le temps de fouetter les enfants méchants, non ? [Comment ça "On est pas dans Oliver Twist ?]

22 février 2008
Le monde appartient...
...à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt.
La procédure de recherche d’un nouveau boulot est officiellement ouverte. Après avoir envoyé quelques candidatures spontanées, je commence à regarder les offres d’emploi. Malgré le sentiment de malaise qui accompagne mes recherches et ce vieil arrière-goût de chômage qui me revient, je me trouve à nouveau face à des annonces complètement délirantes…
Pour un poste de traducteur ou de chargé de projets, outre une connaissance approfondie de l’anglais [jusque là tout est normal], les employeurs recherchent les profils suivants :
Vous êtes motivé [pour gagner peu en travaillant beaucoup], flexible [horaires de merde, n’envisagez pas d’avoir une vie sociale le soir], rapide [résistant au stress et à la pression], réactif [comment ça une pause déjeuner ?] et vous avez un bon relationnel [évitez de traiter l’ordinateur en face de vous de ‘connard’, s’il vous plaît].
Vous maîtrisez les outils informatiques : Word [logique], PowerPoint [d’accord], Excel [à la limite], Trados [un logiciel de traduction assistée par ordinateur dont personne ne se sert en pratique], SDLX [jamais entendu parler de ce truc], Photoshop [ôtez-moi d’un doute, on a dit "traducteur" ou "graphiste" ?] et les formats html et xml. Un doctorat en biophysique moléculaire serait un plus.
La connaissance d’une autre langue est souhaitée [serbo-croate, urdu ou lakhota].
Diplômée d’un DESS de traduction [j’ai du bol, c’est mon cas], de profil technique [merde, on ne m’a rien appris sur les moteurs à combustion interne à l'école], le multimédia vous passionne [oui, moi aussi j’aime bien télécharger des épisodes de Desperate Housewives illégalement sur Internet]. La connaissance de l’environnement Mac est un atout [mais siiii tu sais, les ordis du pays de Candy, roses, bleus, verts etc…].
Salaire : à débattre [mais n’espérez pas plus que le SMIC, on est un peu des radins].
J’exagère à peine… Les seules offres un tant soit peu réalistes viennent directement du Canada, qui peine visiblement à trouver des linguistes diplômés. Mais sans vouloir cracher dans la soupe, ça fait un peu loin pour moi…
