Faites comme chez moi!

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30 octobre 2010

Perdus de vue

J’ai toujours été socialement handicapée. Je ne me lie pas avec n’importe qui et j’ai besoin de temps pour cerner les gens avant de leur accorder ma confiance – voire mon amitié. Et quand ce dernier stade est atteint, mon attachement est indéfectible [sauf très grosse déception mais ça ne s’est produit qu’une seule fois jusqu’à aujourd’hui et encore parce que le bouchon avait été poussé trop loin Maurice]. Elle est indéfectible, certes, mais la vie fait que quelquefois et souvent de manière involontaire, les liens se défont et le contact se perd. Mais ça ne veut pas dire pour autant que je cesse de penser aux gens sitôt qu’ils sont sortis de ma vie.

Les réseaux sociaux ont cela de merveilleux qu’ils permettent de reprendre contact, d’avoir des nouvelles de ceux qui ont un jour croisé nos vies et ont peut-être choisi par la suite d’emprunter une autre voie. A moins que l’éloignement ne soit de notre propre fait… Grâce à des sites comme Facebook ou Copains d’avant, des vies éloignées se rapprochent, se recroisent, se rejoignent et quelquefois se retrouvent : un resto avec une folle furieuse perdue de vue en fin de 3ème, un mail écrit par une copine de primaire, un faire-part de mariage envoyé par un vieil ami d’enfance qui ne s’était pas manifesté depuis une quinzaine d’années… Le simple fait d’avoir des nouvelles, de savoir que ces êtres jadis chers vont bien, suffit généralement à me satisfaire. L’affection que j’ai eue pour eux et les moments parfois très forts partagés à certains moments de ma vie aboutissent évidemment à des interrogations ponctuelles du genre "qu’est-il devenu ?", "est-ce qu’elle va bien ?" etc. Mais cela n’implique pas nécessairement le besoin de renouer des liens de manière régulière. Les gens changent, et l’enfant ou l’adolescente que j’étais n’est plus forcément en quête des mêmes affinités aujourd’hui. Une "mise à jour" sur leur situation me permet soit de tourner la page définitivement soit, plus rarement, d’entamer un nouveau chapitre avec eux.

Néanmoins, certaines questions restent sans réponse. Quelques personnes qui ont compté ne se laissent pas retrouver si facilement. Anti-Facebook, anti-réseau social, elles semblent n’avoir jamais laissé aucune trace dans ce monde virtuel. Comme Laurence, ma meilleure amie d’enfance, qui a disparu de ma vie de manière abrupte juste après le décès de sa sœur et que j’ai vue pour la dernière fois à l’enterrement de cette dernière il y a 10 ans. Plus aucune nouvelle, plus d’adresse postale. Juste une lettre où elle m’expliquait qu’elle avait besoin de faire un break dans sa vie et me demandant de ne pas chercher à la recontacter, que ça viendrait de sa propre initiative [putain, 10 ans quand même, merde ! Il lui faut combien de temps ?]. Ou Sophie avec qui j’ai rarement autant ri sur les bancs du lycée même si notre amitié n’a duré que 2 ans, jusqu’à ce qu’elle change d’école. Et Emilie, qui portait le même prénom que moi et avec qui j’avais enterré une boîte en ferraille contenant des objets personnels pour "sceller" notre amitié. Marie-Christine, Claire, Stéphanie, Alexandre, Béatrice, François, Véronique, Nicolas, Tiphaine… Bordel de merde, mais où êtes-vous donc passés ?? Une question à laquelle ni Google ni aucun site social n’est aujourd’hui en mesure de répondre.

Et je profite de ce billet pour vous recommander le film "The Social Network". Au-delà du sujet principal, ce film est un bijou d'écriture et d'interprétation. Et il fait réfléchir sur l'importance des amis, ceux qui sont restés, ceux à qui on a jamais cessé de penser, ceux qui prennent encore le temps de se laisser apprivoiser et ceux aussi qui ont su "revenir" avec élégance même s'ils n'avaient jamais totalement disparu. Merci à eux.

Posté par Sparadra à 22:26 - Mavie.com - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Alors je suis totalement d'accord avec le premier et le dernier paragraphe.
    Concernant le premier, je crois qu'il n'y a eu qu'une exception : D. (celle avec laquelle j'ai eu l'accident) avec laquelle je me suis liée très rapidement (et durablement pour le moment).

    Et au sujet du dernier paragraphe, ben je regrette sincèrement d'avoir été si fatiguée quand j'ai été le voir. Parce que même si je somnolais, j'ai tout de même pu me rendre compte que c'est un p*tain de film, royalement interprété et raconte une histoire vraiment intéressante... je me demande d'ailleurs si je ne vais pas y retourner pour voir les scènes que j'ai manquées.

    Posté par RosYCruZ, 01 novembre 2010 à 02:20

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