Faites comme chez moi!

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10 mai 2010

Jamais contente

Roh p*tain, ça y’est  je percute. Depuis que j’habite en province, je n'ai plus rien à raconter. Non pas que c’était si intéressant que ça avant, mais au moins je pouvais épancher ma frustration sur MonStagiaire gay ou mon sexy LeMignon parti faire sa vie à La Réunion.

Pasque là, ça me saute à la face : depuis que j’habite à Lille, je suis devenue une totale no-life. En arrivant, je pouvais presque compter les potentiels amis sur les doigts des deux mains, et finalement bah je n’en fréquente que deux. Et encore, pas tous les jours. A Paris, j’étais bien contente d’avoir le téléphone illimité qui servait à parler pendant 3 heures avec mes cops que j’allais pourtant voir le soir-même, ou au pire pendant le week-end. Pis y’avait la famille partout, de quoi dépanner une ou deux vieilles tantes perplexes devant leur écran d’ordinateur juste parce qu’elles savaient pas où cliquer pour imprimer les photos de leurs petits-enfants. ‘fin tu vois, j’avais des relations sociales, des sorties, des restos, des cinés, des apéros du vendredi [ceux qui me faisaient remonter les marches de mon immeuble à quatre pattes ou pas loin]. La vie, quoi !

Là non. Genre je rentre du boulot vers 17h30-18h après 25 toutes petites minutes de trajet et puis… rien.  Nada. Nicht. Queud’ ! Enfin queud’... en dehors des rediff’ de McGyver sur la TNT, s'entend. Ma vie sociale, elle se planifie juste le week-end. Et encore, à condition que la seule cops dispo ne soit pas en train de cuver lamentablement son vendredi soir.

Au début c’était chouette. Ouah, trop calme et trop peaceful la life loin de Paris ! Ouah, comment c’est chantmé agréable de profiter de ses soirées tranquilou sans avoir passé 1h30 coincée dans la caisse de ma co-voitureuse au milieu du périph’ ! Ouah pas de bruits de klaxon intempestifs dans les rues. Trop bien, Lille !

Tellement bien que finalement je rentre à Paris le week-end dès que possible. Soyons honnêtes hein, et n’ayons pas peur des mots : je me fais chier à Lille. Nan mais tu le crois, ça ? J’ai crié sur tous les toits que je voulais retourner à Lille, que je m’y sentais chez moi, que les ch’tis c’est trop des gentils bisounours ? Et en fin de compte... je m’y emmerde ? Le truc que je n'avais pas capté en revenant à Lille, c'est que la vie d'étudiante dévergondée, elle est over. Au-delà du fait que je n'ai plus l'âge d'aller boire 5 rhum-orange au Latina dès le jeudi soir, les rares qui sont restés ont désormais des préoccupations qui ne correspondent pas à celles d'une célibataire adulescente attardée. J'apprends à mes dépends que non, même une sortie au musée ne s'improvise pas un dimanche après-midi à 17h. Pour voir les gens, il faut désormais planifier : "Rendez-vous samedi 12h30 devant le resto, et sois pas en retard car après je vais chercher le p'tit chez mes parents", "On se verra le mois prochain, mon copain et moi on est super bookés les 3 prochains week-ends", "Nan pas ce week-end-là, je vais voir ma mère à Boulogne". P*tain ! Ca fait chier d'être la seule dispo tout le temps, sans contrainte de mec ou de bébé, à essayer de m'incruster tant bien que mal dans l'agenda de ceux qui visiblement n'ont pas le temps pour l'imprévu ou le spontané...

Et puis y'a aussi le boulot. Parlons-en, du boulot ! Je suis fonctionnaire puissance 10 (mais sans avoir l’avantage de la sécurité de l’emploi). Personne n’est là pour checker l’heure à laquelle j’arrive, il m’arrive de glandouiller pendant des semaines car pas assez de travail [mais visiblement l’Etat a assez de sous pour payer des gens à ne rien faire], je quitte le taff à 17h (voire 16h30 les bons jours)… Bah si tu crois que ça motive, grosse erreur.

Si je veux du changement dans cette vie monotone, il n’y a pas 36 solutions. En fait, il n’y en a même que 3 :

1) Me reconstituer pour la énième fois – après ma première expérience Lilloise + Bruxelles + Londres – un nouveau réseau social. Ce qui veut dire m’inscrire à une asso quelconque. Mais maintenant c’est too late et ça ne sera possible qu’à la rentrée en septembre.
2) Trouver un mec (ça m'occupera, c'est toujours mieux de faire des projets à 2 que toute seule).
3) Déménager dans une ville où j’ai déjà un réseau social un peu plus étoffé qu’à Lille.

La première solution est la plus sensée, si mon contrat est prolongé et que je suis amenée à rester. La deuxième solution est bien tentante mais est étroitement liée à la première (cercle social trop petit pour l'instant). Quant à la troisième solution... elle me semble la plus appropriée. Je n’ai pas dit que je souhaitais rentrer définitivement à Paris. Non non, faut pas déconner. Pas envie de retrouver les cons de Parigots qui courent après le bus, le métro, le train et la vie. Sachant que mon avenir professionnel est très incertain puisque mon contrat se termine fin juin, j'ai commencé à me mettre en quête d'un nouveau job à... BRUXELLES.

Bien qu’un 38ème déménagement fasse un peu chier sa maudite race et que j’adore mon appart’ actuel, Bruxelles possède toutes les qualités que je recherche : je connais du monde (beaucoup plus qu’à Lille) ce qui m’évitera de faire l’effort incommensurable de me trouver de nouveaux amis (ben quoi ?), c’est une ville internationale (institutions européennes, ONG, sociétés de lobbying), il y a une vraie vie intellectuelle et culturelle, c'est beau, les gens sont aussi accueillants que les Lillois, aussi polis que les Anglais et beaucoup moins acariâtres que les parisiens [sauf les Flamands mais chut], et tout ça à moins d’1h30 en train de Paris !

Le tout consiste maintenant à trouver ce fameux job. Tâche ardue.

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Le fameux pisseur de Bruxelles

Posté par Sparadra à 12:16 - Gneu - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Commentaires

    Le plus difficile était de prendre la décision de partir. Le job viendra de lui-même, j'en suis certaine. Surtout que tu commences à avoir une expérience plutôt diversifiée! Tiens-nous au courant de tes démarches.

    Posté par Marie, 10 mai 2010 à 15:29
  • Ça y est, je pars 2 jours et tu nous chamboule tout. Plus sérieusement, j'espère sincèrement que tu vas arriver à te trouver, à trouver la ville qu'il te faut, le boulot qu'il te faut (le mec qu'il te faut). Même si je n'ai pas encore subi toutes ces galères, je sais déjà que les déménagements c'est la barbe (pour rester polie).

    Posté par RosYCruZ, 12 mai 2010 à 07:32
  • Dis, t'es toujours bienvenue ici !
    J'ai pas ton âge, mais au moins ton âge mental (je me force même pas !)
    Un we ? ou pour bosser, moi, ça me ferait plaisir d'avoir un Sparadra pas loin ... UNE sparadra ! (je viens de ranger tes semblables tous ensemble dans une boite à la salle de bains !)
    Bisous et courage, avec le printemps il va pleuvoir chaud sur Lille et ça ira mieux !!! Hum, ouiii, je sors !

    Posté par rainette, 16 mai 2010 à 17:19
  • Bruxelles c'est chouette, y a plus qu'à trouver LE job !!

    Posté par marie, 16 mai 2010 à 18:23
  • Bonjour, Sparadra

    Je suis tombée sur votre blog en tapant "concours traducteur onu" dans Google. Un peu découragée par vos aventures (surtout que je n'ai pas de deuxième langue, et que bon, Assimil a ses limites), je me demandais quelle était votre formation : j'ai fait le MéLexTra à Lille, puis un M2 Pro Trad Littéraire à Paris 7, et pour l'instant, pas l'ombre d'un job en vue (enfin, par ailleurs je suis prof de lycée, donc c'est pas la méga-urgence non plus). Et vous ?

    Posté par Claire K, 18 mai 2010 à 19:13
  • J'ai commencé par un DEUG d'anglais à Nanterre, puis une maîtrise en traduction à l'ESTICE (école qui dépend de l'Université Catholique de Lille mais qui ne forme plus de traducteurs aujourd'hui) et enfin un DESSS "Traduction ès Relations Internationales" à l'Institut Supérieur de Traducteurs et Interprètes de Bruxelles.
    Je suis aujourd'hui spécialisée dans la traduction technique, et malheureusement les offres d'emploi sont très rares !

    Posté par Sparadra, 18 mai 2010 à 19:17
  • Ah la la, ce n'est pas très encourageant. Vous avez un diplôme plus pointu que le mien, et vous ne trouvez pas... Franchement, la vie est dure ! Surtout que beaucoup d'organisations confient leurs traductions à l'interne à des gens qui baragouinent vaguement un peu d'anglais. (soupir)
    Bon courage pour la suite, en tous cas !

    Posté par Claire K, 19 mai 2010 à 16:27
  • Bah dans l'immédiat, je n'ai pas besoin de trouver puisque je suis déjà en poste (je viens d'être renouvelée) mais je cherche à quitter Lille et c'est vraiment difficile. Le problème, c'est que la plupart des entreprises font désormais appel à des traducteurs freelance (ça coûte moins cher que d'avoir un traducteur salarié) ou - comme vous le soulignez - à des pseudo-traducteurs internes qui maîtrisent mal l'anglais par simple souci d'économie. Du coup, les offres d'emploi sont rares. Quant aux concours, les modalités pour soumettre un dossier sont drastiques (mais je pense qu'avec un diplôme comme le vôtre en langue, ça doit passer), et tous les concours internationaux imposent une seconde langue. En revanche, pour vous mettre le pied à l'étrier et à condition que vous ayez un peu de temps pour faire de la prospection et travailler ponctuellement en plus de votre activité professionnelle, il y a toujours la possibilité de vous installer comme auto-entrepreneur... C'est ce que j'ai fait il y a quelques mois, même si en ce moment je dois avouer que je ne me foule pas à chercher des clients.

    Posté par Sparadra, 19 mai 2010 à 16:44
  • Les temps sont durs pour les jeunes diplomés ou surdiplomés, qui à force, ne sont plus si jeunes !
    Sinon, à défaut de Bruxelles, tu peux aussi tenter chez moi à Strasbourg (parlement européen, conseil de l'europe, cour européenne des droits de l'homme, médiateur européen, système d'information Schengen,centre européen de la jeunesse,la pharmacopéee européenne,l'observatoire européen de l'audiovisuel,eurimages, et tous les consulats et ambassades situés à Strasbourg...).
    Au delà du fait que l'Alsace est la plus belle région au monde, on est à 2h20 de Paris, et dans quelques années à 1h50 (quand le tronçon TGV Nancy-Strasbourg sera achevé).

    Posté par Eclair, 09 juin 2010 à 10:30
  • Eclair : j'ai déjà fait pas mal de prospection sur l'Alsace, notamment dans les organismes que tu cites. Le problème, c'est que pour les institutions européennes, on entre sur concours (concours extrêmement rares dans ma combinaison de langues) et que pour les autres organismes, l'allemand est souvent demandé. Et je ne le parle pas du tout... Mais je confirme, l'Alsace est une région absolument magnifique !

    Posté par Sparadra, 09 juin 2010 à 11:07
  • Ah, désolé, je pensais que l'anglais était suffisant.
    Il ne te reste plus qu'à apprendre l'allemand alors

    Posté par Eclair, 11 juin 2010 à 14:49
  • Bonjour Sparadra,

    Où en es-tu ?
    As-tu réussi à quitter Lille et ta nouvelle vie te satisfait-elle ?
    Lilloise d'origine (études et travail), je m'apprête à faire la même chose après avoir goûté pendant 2 ans à la vie parisienne (et c'est super !).
    J'ai un petit réseau amical et familial, mais j'ai quand même peur de m'ennuyer...
    Profil un peu différent du tien : 42 ans, célibataire sans enfant, et ce serait une mutation (fonction publique).
    Lille change, mais pas en bien...
    Tu donnes des nouvelles ?
    Carmen

    Posté par Carmen, 05 mars 2017 à 08:21

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